Le PIB réel du Rwanda devrait afficher une robuste croissance de 7.7 % en 2012, tirée par les services et l’industrie. Cette croissance devrait ralentir en 2013 et 2014, sous l’effet de la suspension de l’aide étrangère, d’une politique de rigueur monétaire et budgétaire, ainsi que d’une faible demande mondiale.Le Rwanda a été élu au Conseil de sécurité des Nations Unies et s’est engagé à agir pour la prévention des crimes contre l’humanité. Toutefois, plusieurs partenaires au développement ont suspendu leur aide lorsqu’il a été rapporté que le Rwanda soutenait les insurgés dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, ce dont le gouvernement se défend. Une suspension durable de l’aide pourrait induire un recul des progrès socio-économiques que le pays a accomplis.
Le développement humain continue de s’améliorer fortement, notamment au niveau de la fréquentation scolaire, de la parité garçons/filles dans l’éducation, ainsi que de la santé maternelle et de celle des enfants. La cible des objectifs du Millénaire pour le développement concernant la mortalité infantile est d’ores et déjà atteinte, et le Rwanda est en bonne voie pour atteindre les cibles relatives à l’éducation primaire pour tous, à l’égalité entre les sexes et à la mortalité des enfants de moins de cinq ans. La pauvreté et l’inégalité des revenus ont également reculé.
Vue d’ensemble
En 2012, la croissance du produit intérieur brut (PIB) est restée vigoureuse, à 7.7 %, essentiellement tirée par les secteurs des services et de l’industrie. L’agriculture a affiché une croissance modérée de 3.0 % sur les trois premiers trimestres de 2012 en raison de conditions météorologiques peu favorables. La diversification des marchés pour le thé et les minéraux, en particulier le coltan, a stimulé le secteur des exportations, lequel a enregistré une progression de 24.8 % en 2012. L’aide au développement est cruciale pour les perspectives économiques de 2013. À supposer que l’aide, suspendue par certains partenaires au développement en 2012, reprenne en 2013, la croissance du PlB devrait se tasser à 7.1 % cette même année. Cette projection prend en compte d’autres facteurs, notamment l’assainissement budgétaire programmé, qui donne la priorité aux dépenses consacrées aux investissements stratégiques, qui, à leur tour, influencent la demande globale, mais aussi un durcissement de la politique monétaire, qui freine l’expansion du crédit au secteur privé. Toutefois, si elle se prolonge, la suspension de l’aide étrangère pourrait éroder les perspectives économiques du Rwanda, avec, en particulier, une réduction de la croissance du PIB et des reculs sur la voie des OMD. L’inflation non corrigée devrait ralentir à 6.0 % en 2013 à cause du durcissement de la politique monétaire et des réformes structurelles visant à améliorer les capacités productives, notamment dans l’agriculture. Toutefois, la réussite du pays à concrétiser cette projection et à atteindre la cible d’inflation à moyen terme de 5.0 % fixée par la Banque centrale dépendra de la reprise de l’aide. Des investissements soutenus dans l’infrastructure agricole et l’amélioration des intrants agricoles devraient renforcer la productivité et rendre la croissance plus inclusive. La demande latente d’importations de produits intermédiaires (produits qui ont subi une transformation partielle et qui sont généralement utilisés comme matière première lors d’une étape de production ultérieure), de biens d’équipement et d’énergie devrait continuer de dépasser la base d’exportations qui, certes, s’étoffe, mais demeure étroite. En conséquence, le compte d’opérations courantes restera déficitaire à court et moyen termes. Les exportations couvrent actuellement seulement 20 à 25 % des importations du Rwanda.
Malgré les efforts déployés par ce pays pour diversifier son économie, il demeure fortement tributaire des ressources naturelles et des produits de base. L’agriculture reste la source d’emploi la plus importante : 73 % de la population active travaille dans le secteur primaire, mais celui-ci ne représente que 36 % de la production. Les produits de base constituent 77 % des exportations du Rwanda. Bien que leur contribution au PIB soit toujours marginale, les minéraux (surtout la cassitérite, le coltan – contraction de columbite-tantalite – et le tungstène) représentaient 28 % des recettes d’exportation totales en 2012, le reste étant essentiellement constitué de produits agricoles. Les transformations structurelles du pays se heurtent à trois difficultés majeures :
La productivité reste trop faible, surtout dans l’agriculture, pour étayer le développement de l’emploi dans d’autres secteurs, pour abaisser les prix des denrées alimentaires et pour permettre que les activités agricoles soient rentables.
La forte densité de population continuera de peser sur les ressources naturelles disponibles et sur l’environnement.
Des difficultés à obtenir des financements, aussi bien dans le pays qu’à l’étranger, entravent les efforts de diversification de l’économie.
Figure 1: Taux de croissance du PIB réel 2013 (E)
Tableau 1.Indicateurs Macro-économiques: Rwanda
|
Version 1 – Last updated: 22-May-2013
|
||||
|
Tableau 1 – Indicateurs Macroéconomiques
|
||||
|
2011
|
2012(e)
|
2013(p)
|
2014(p)
|
|
| Taux de croissance du PIB réel |
8,3
|
7,7
|
7,1
|
7,3
|
| Taux de croissance du PIB réel par habitant |
5,3
|
4,8
|
4,2
|
4,4
|
| Inflation IPC |
5,7
|
7,3
|
6
|
5,3
|
| Balance budgétaire % PIB |
-2,4
|
-1,9
|
-1,4
|
-3,7
|
| Balance courante % PIB |
-8,5
|
-10,5
|
-10,2
|
-9,9
|
|
Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations et les prévisions.
|
||||
Développements récents et perspectives
Tableau 2 – PIB par secteur (pourcentage)
|
2007
|
2011
|
|
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse |
8
|
8,6
|
| Mines et extraction |
46,4
|
38,5
|
| Industries manufacturières |
4,3
|
3,9
|
| Electricité, gaz et eau |
1
|
0,8
|
| Construction |
9,3
|
9,8
|
| Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants |
9,3
|
7,7
|
| Transports, entreposages et communications |
10,7
|
11,5
|
| Finance, immobilier et services aux entreprises |
3
|
3,2
|
| Administration publique, éducation, santé |
8
|
16,2
|
| Autres services |
0
|
0
|
| Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs |
100
|
100
|
| Source : Données des administrations nationales; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p). | ||
Le PIB réel du Rwanda a affiché une croissance de 7.5, 9.9 et 7.3 % respectivement aux premier, deuxième et troisième trimestres 2012. Le pays anticipe donc qu’il atteindra sa cible de 7.7 % pour 2012. Ces performances ont été essentiellement tirées par les services, qui ont progressé de 13.7 %, et par l’industrie, qui a gagné 5.9 %. La construction, les transports et les communications, la finance et l’assurance ont avivé la croissance. Les services et la construction, favorisés par les investissements publics, comme le Kigali Convention Centre ou le nouvel aéroport international dans le district de Bugesera, devraient continuer d’alimenter la croissance économique à court et moyen termes. En outre, l’amélioration des semences, des engrais et de l’équipement agricole étaieront l’essor de l’agriculture. Toutefois, sous l’effet de l’assainissement budgétaire, de la morosité de la conjoncture économique mondiale et des répercussions de la possible prolongation de la suspension de l’aide, la croissance devrait se tasser à 7.1 % en 2013 et 7.3 % 2014.
L’économie du Rwanda s’appuie largement sur les services, qui représentaient 46 % du PIB en 2012. Le tourisme est devenu la principale source de devises du pays : il a rapporté 281.8 millions de dollars des États- Unis (USD) en 2012, soit une hausse de 30 millions USD par rapport à 2011. Outre le tourisme, l’administration publique, l’éducation, ainsi que les transports, l’entreposage et les communications sont à l’origine de l’expansion du secteur tertiaire au cours de la décennie écoulée.
La croissance de l’agriculture (3 % sur les trois premiers trimestres de 2012) a été molle par rapport à celle enregistrée dans les services et l’industrie. À cause du manque d’irrigation, l’agriculture reste fortement tributaire des conditions météorologiques et des conséquences délétères du changement climatique, ainsi que des fluctuations des cours des matières premières.
Le secteur industriel a maintenu des résultats positifs en 2012, affichant une croissance de 9.2, 7.3 et 11.2 % respectivement aux premier, deuxième et troisième trimestres, les principaux moteurs de cette croissance étant les services d’utilité publique (électricité et eau) et les matériaux de construction. Dans le même temps, le secteur minier s’est contracté de 5 %, en raison d’une baisse à la fois de la production et des cours internationaux de la cassitérite. Étant donné l’importante contribution de ce minerai aux exportations, l’État tient à revigorer le secteur minier, bien qu’il soit de taille modeste. Les investissements miniers au Rwanda ont atteint 69.9 millions USD en 2012, contre 24 millions l’année précédente.
Les exportations ont progressé de 24.8 % sous l’effet de la diversification des marchés et de l’évolution favorable des prix internationaux du thé et des minerais, notamment du coltan. Même si, au premier semestre 2012, les exportations de thé ont pâti de mauvaises conditions météorologiques, elles se sont redressées dans la deuxième moitié de l’année, grâce à une hausse des prix et de la production. Les exportations de café se sont révélées décevantes, ce qu’explique l’effondrement des cours internationaux. Le café, le thé et les minéraux ont représenté 54 % des exportations en 2012. Les exportations non traditionnelles, telles que le textile, la bière et les produits de beauté se développent rapidement, mais partent d’un niveau très bas, ce qui laisse supposer que le secteur de la transformation pourrait, à l’avenir, voir sa part dans le PIB croître.
La hausse des importations (essentiellement de denrées alimentaires, de matériaux de construction, de produits industriels et de carburants) a éclipsé les performances des exportations en 2012. Actuellement, les exportations couvrent 22.9 % des importations, ce qui est légèrement mieux que les 20.5 % enregistrés en 2011. Toutefois, étant donné l’étroitesse de la base d’exportations, le déficit commercial s’est creusé à 1.28 milliard USD, contre 1.03 milliard USD en 2011. Ce grave déficit demeurera un problème significatif sur le moyen terme, tant que la base d’exportations, certes en expansion mais toujours étroite, ne parviendra pas à rattraper suffisamment la forte demande de produits intermédiaires et énergétiques, ainsi que de biens d’équipement. Les envois de fonds des travailleurs expatriés sont une source grandissante de devises pour le Rwanda : d’à peine 25.1 millions USD en 2006, ils sont passés à 175.2 millions en 2012.
Malgré la contribution positive du tourisme et des envois de fonds, le déficit du compte courant, dons compris, témoignant des performances commerciales du pays, s’est creusé à 10.5 % en 2012 (tableau 4). Toutefois, il devrait s’atténuer en 2013 et descendre sous la barre des 10 % en 2014 grâce à la Stratégie nationale d’exportation mise en place par l’État. Cette stratégie vise à accélérer la croissance de la production et des exportations pour les secteurs aussi bien traditionnels (café, thé et minéraux) que non traditionnels (horticulture et externalisation de processus) au moyen d’interventions diverses, telles que l’instauration de conseils de promotion des exportations et de zones économiques spéciales.
Les entrées de capitaux privés et publics (hors dons accordés pour des projets) ayant reculé, pour passer de 511.2 millions USD en 2011 à 480 millions USD en 2012, le déficit des paiements est ressorti à 0.1 % du PIB en 2012. Sous l’effet combiné de la suspension de l’aide et de ventes accrues de devises pour financer les importations, les réserves internationales brutes avaient diminué de 25 % à la fin de 2012 par rapport à la fin de 2011, pour atteindre 843.45 millions USD. Il en a également résulté une baisse de la couverture des importations par les réserves de change, qui est passée de 5.1 mois en 2011 à 4.8 mois en 2012. Plusieurs partenaires au développement ont suspendu leur aide budgétaire en 2012 après que les Nations Unies ont dévoilé que le Rwanda soutenait les insurgés dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, ce dont le gouvernement se défend. Le Rwanda est fortement tributaire de l’aide étrangère : en 2010, il a reçu 1.03 milliard USD des membres du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (CAD-OCDE), et notamment des États-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Si l’on rapporte ce chiffre au nombre d’habitants, le Rwanda reste l’un des pays les plus tributaires de l’aide d’Afrique de l’Est. Néanmoins, cette dépendance a diminué ces dernières années : l’appui budgétaire finançait 44.0 % des dépenses publiques en 2011, contre 52.5 % en 2004.
Mais contrairement à l’aide au développement, l’investissement direct étranger (IDE) a progressé de 50 %, pour ressortir à 159.8 millions en 2012, essentiellement dans l’énergie et le secteur bancaire. Le tourisme, l’agroalimentaire et la construction ont également attiré de nouveaux investisseurs, notamment Nandan Agroprocessing Industries Ltd de Singapour et le fabricant de ciment sud-africain, Pretoria Portland Cement. On anticipe un redressement des entrées de capitaux, à 543 millions USD en 2013, destinées essentiellement à financer les investissements publics et privés, si bien que la balance générale des paiements devrait enregistrer un excédent de 0.2 % du PIB sur cette année. À supposer que les versements d’aide reprennent en 2013, les réserves de change devraient, selon les estimations, couvrir 4.5 mois d’importations en 2013 et à 5.0 mois en 2014.
Les perspectives économiques du Rwanda dépendent de quatre évolutions cruciales. Premièrement, le versement retardé de l’appui budgétaire pèse déjà sur les dépenses publiques et accentue les tensions inflationnistes et sur la balance des paiements. Une suspension durable de l’aide pourrait induire un retour en arrière sur les progrès socio-économiques que le pays a accomplis. Deuxièmement, l’atonie de la demande mondiale et les problèmes dans la région, et en particulier l’issue des élections générales au Kenya en mars 2013, pourraient avoir une incidence négative sur les exportations, l’IDE et le tourisme. Troisièmement, la stratégie d’assainissement budgétaire devrait induire une contraction de la demande globale. Enfin, on anticipe un ralentissement de l’expansion du crédit au secteur privé sous l’effet du durcissement de la politique monétaire. À leur tour, la baisse de la demande globale et la contraction du crédit au secteur privé se traduiront par une diminution de la consommation privée, laquelle est le principal contributeur à la croissance du PIB. Ces évolutions risquent en outre de retarder la mise en œuvre du Programme d’investissements stratégiques qu’a défini le pays, et notamment la construction du Kigali Convention Centre et de l’aéroport international de Bugesera, et pourraient conduire à une révision à la baisse des investissements dans l’agriculture. C’est pourquoi, selon les projections, la croissance du PIB réel tombera à 7.1 % en 2013 et 7.3 % en 2014.
Politiques macroéconomiques
Politique budgétaire
Poursuivant sa stratégie d’assainissement budgétaire en 2011/12 et 2012/13, l’État a donné la priorité aux dépenses publiques, réduit le financement intérieur et accru la mobilisation des recettes publiques. En conséquence, le déficit budgétaire s’est amenuisé en 2012, mais il devrait se creuser à moyen terme (tableau 3).
Sur l’exercice 2012/13, le gouvernement a introduit des mesures visant à inverser la tendance au recul des recettes fiscales observée depuis 2010 et à compenser la baisse de l’impôt sur les carburants adoptée durant l’exercice 2011/121. Ces mesures, qui devraient permettre de dégager 45 millions USD de recettes publiques supplémentaires en 2012/13, englobent une révision du code de l’investissement, une hausse du taux de taxation des matériaux de construction importés, qui passe de 5 à 10 %, et l’introduction d’une taxe sur les jeux de hasard. En outre, le système de retenue à la source des impôts sur les salaires devrait aboutir à un accroissement des recettes fiscales, après le relèvement des salaires dans le secteur public introduit dans le but d’améliorer la compétitivité et la rétention de personnel dans la fonction publique. Avec ces nouvelles mesures fiscales, la part des dépenses totales et des prêts nets financés par les recettes intérieures devraient progresser et passer de 47.3 % sur l’exercice 2011/12 à 52.6 % en 2012/13.
La suspension de l’appui budgétaire durant l’exercice 2012/13 a induit un manque à gagner équivalent à 12 % du budget. Pour y faire face, l’État a choisi de reporter des dépenses non prioritaires, d’utiliser la ligne de crédit par découvert que lui offre la Banque centrale et d’émettre des bons du Trésor. À court terme, le retard pris dans les décaissements d’aide risque de peser encore sur la balance des paiements et le solde budgétaire, et plus largement sur les taux de change, l’inflation et la croissance du PIB.
Les dépenses ont été allouées conformément à la Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté (Economic Development and Poverty Reduction Strategy – EDPRS). L’infrastructure économique, les capacités productives et le développement humain représentent, conjointement, plus de 70 % des budgets 2011/12 et 2012/13. Les dépenses récurrentes et d’investissement correspondent respectivement à 51 et 47 % du budget. Globalement, l’exécution du budget reste élevée, à 99 % en 2010/11 et 2011/12. L’adoption d’un nouveau plan comptable en juillet 2011 a permis de mieux consolider, couvrir et enregistrer les transactions sur le budget général2. Elle a également renforcé l’harmonisation de la planification, de la budgétisation, de la comptabilité générale et de la communication financière à tous les échelons de l’Administration. Pourtant, il reste encore de la marge pour améliorer la perspective pluriannuelle de la planification budgétaire, de la politique des dépenses et de la budgétisation. En outre, la publication d’informations complètes par toutes les agences publiques qui entrent dans le budget de l’État reste entravée par des difficultés à combiner le système intégré de gestion financière avec d’autres mécanismes mis en place par l’État et les capacités limitées disponibles pour la gestion des finances publiques.
Les taxes et impôts représentaient 13.5 % du PIB en 2011/12, contre 13.1 % sur l’exercice précédent. De nouvelles mesures ont encore amélioré l’administration fiscale : des systèmes de déclaration et de paiement électroniques ont été instaurés, et un guichet électronique unique pour les douanes est entré en fonction. Un système de gestion des files d’attente a également été adopté afin de faciliter le paiement trimestriel de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des impôts par les petites et moyennes entreprises (PME). Ces mesures ont contribué à élargir la base d’imposition, avec 8 304 contribuables nouvellement enregistrés sur l’exercice 2011/12. Les impôts collectés entre juillet et décembre 2012 ont été 1.3 % inférieurs à la cible, mais 18 % supérieurs à ceux de la même période en 2011.
Tableau 3 : Opérations financières de l’état (pourcentage du PIB)
|
2009
|
2010
|
2011
|
2012
|
2013
|
2014
|
|
| Recettes totales (avec dons) |
28.5
|
25.6
|
24.5
|
25.1
|
28.1
|
24.3
|
| Recettes fiscales |
14.2
|
12
|
13.1
|
12.7
|
14
|
13.7
|
| Recettes pétrolières |
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
| Dons |
13.6
|
13.1
|
10.7
|
11.3
|
13.2
|
9.6
|
| Dépenses totales (et prêts nets) (a) |
29.5
|
25.7
|
26.9
|
26.9
|
29.5
|
27.9
|
| Dépenses courantes |
16.6
|
14.7
|
13.9
|
14.5
|
15.2
|
14.3
|
| Sans les intérêts |
16.2
|
14.2
|
13.5
|
14.1
|
14.8
|
14
|
| Salaires |
3.8
|
3.4
|
3.5
|
3.2
|
3.7
|
3.7
|
| Intérêts |
0.4
|
0.5
|
0.4
|
0.4
|
0.4
|
0.3
|
| Solde primaire |
-0.5
|
0.4
|
-2
|
-1.5
|
-0.9
|
-3.4
|
| Solde global |
-1
|
-0.1
|
-2.4
|
-1.9
|
-1.4
|
-3.7
|
|
2012 : estimations ; 2013 et années suivantes : prévisions. |
Politique monétaire
Un instrument de soutien à la politique économique (IPSE) triennal, approuvé par le Fonds monétaire international (FMI) en juin 2010, fixe le cadre de la politique monétaire du Rwanda. La cinquième revue des programmes menés au titre de l’IPSE, achevée en novembre 2012, a conclu que le cadre macroéconomique du pays était robuste et stable.
Le Rwanda a maintenu une politique de rigueur monétaire en 2012 afin de contenir l’inflation sous les 7.5 % à la fin de 2012. La Banque centrale a relevé son taux directeur – le Key Repo Rate (KRR) – à 7.5 % en mai 2012, alors qu’il était de 7 % depuis novembre 2011. Elle a décidé de poursuivre cette rigueur monétaire durant le premier trimestre 2013 en maintenant le KRR à 7.5 %. Si l’inflation non corrigée a chuté à 3.9 % à la fin de 2012 (contre 8.3 % en 2011), le taux annuel moyen est passé de 5.7 % en 2011 à 6.1 % en 2012, sous l’effet du renchérissement des prix de l’alimentation et des carburants sur le premier semestre 2012. Toutefois, l’inflation moyenne hors énergie et alimentation a reculé, passant de 5.7 à 3.9 % sur la même période. L’inflation moyenne non corrigée devrait ralentir à 6.0 % en 2013 et 5.3 % en 2014, sous réserve que les versements d’aide reprennent en 2013.
Le relèvement du KRR a fait monter le taux interbancaire moyen pondéré de 8.1 % en décembre 2011 à 11.1 % en décembre 2012. Pourtant, le taux prêteur moyen est resté inchangé, à 16.7 %, sur cette période. Le recours de l’État à l’emprunt intérieur pour remplacer l’aide suspendue devrait accroître les taux interbancaire et prêteur en 2013.
Le crédit au secteur privé a affiché une progression de 33.9 % en 2012, contre 28.4 % en 2011. Les nouveaux prêts ont essentiellement été accordés au commerce et à l’hôtellerie (40.7 %) ainsi qu’au secteur des travaux publics et de la construction (22.4 %). Toutefois, la croissance du crédit au secteur privé a ralenti au second semestre 2012, évolution qui pourrait être due à un phénomène d’éviction découlant de l’augmentation de l’emprunt intérieur par l’État.
La monnaie de la Banque centrale augmentera de 16.3 % en 2013, contre 17 % en 2012 et 23.4 % en 2011. L’expansion du crédit au secteur privé devrait suivre une tendance baissière analogue en raison des effets combinés d’une politique de rigueur monétaire et de la suspension de l’aide : elle devrait tomber à moins de 20 % en 2013.
La Banque centrale a continué de recourir à un taux de change flottant, intervenant sur le marché des changes pour lisser la volatilité. Le franc du Rwanda (RWF) est resté relativement stable sur le premier semestre 2012, mais a perdu 4.5 % face au dollar des États-Unis (USD) à la fin de l’année. La monnaie locale s’est également dépréciée de 8.6 et 5.2 % respectivement face à la livre sterling et à l’euro. Cette évolution reflète la forte demande de devises pour financer les importations, qui vient s’ajouter à la suspension de l’appui budgétaire.
Coopération économique, intégration régionale et commerce
La stratégie et la politique nationales (National Policy and Strategy – NPS) sur l’intégration dans la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), adoptées en février 2012, ont pour objectif de veiller à ce que le pays adopte les réponses adéquates face aux mesures, décisions et obligations imposées par le traité régional. En outre, le Rwanda s’est engagé à vérifier que tous les nouveaux textes législatifs respectent les exigences de la CAE avant de les ratifier.
Les échanges entre le Rwanda et la CAE ont plus que doublé entre 2007, date à laquelle le pays a rejoint la Communauté, et 2011. En 2012, la CAE représentait 35 % du total des exportations rwandaises, soit davantage que les 32 % enregistrés avec l’Europe, partenaire commercial traditionnel du pays. Toutefois, les exportations du Rwanda vers la CAE (essentiellement des céréales, du café, du thé et des légumes) restent minimes par rapport à ses importations.
La Rwanda a convenu avec les membres du Marché commun d’Afrique australe et d’Afrique orientale (Comesa) qui sont parties au protocole sur la zone de libre-échange une concession tarifaire mutuelle de 100 %. En conséquence, les importations provenant du Comesa se sont développées, passant de 162 millions USD en 2007 à 429.8 millions USD en 2011. Les exportations à destination du Comesa ont, elles aussi, progressé, passant de 23 à 131.6 millions USD sur la même période.
Sur les trois premiers trimestres de 2012, les principales destinations d’exportation du Rwanda étaient la Tanzanie (36 % des exportations), le Kenya (22.8 %), la République démocratique du Congo (13.4 %) et l’Ouganda (11.9 %). En revanche, les importations rwandaises provenaient principalement de la Chine (12.7 %), de l’Ouganda (14.1 %), du Kenya (8.3 %) et de l’Inde (8 %).
Le pays a pris d’autres mesures pour faciliter la circulation des biens et des personnes au sein de la région. Les frais de visa ont été abolis pour tous les résidents de la CAE, et des négociations sont en cours avec le Kenya concernant l’utilisation de cartes d’identité biométriques qui suffiraient pour circuler entre ces deux pays. Le Rwanda a également mis au point une Stratégie nationale transfrontière (National Cross-Border Strategy) en août 2012 dans le but de renforcer davantage les échanges avec les pays voisins et de réduire le déficit commercial. Cette stratégie entend s’attaquer aux nombreux obstacles non tarifaires qui continuent d’entraver le commerce intrarégional. Elle vise aussi un renforcement des liens entre producteurs et industriels sur le territoire national et avec les pays voisins, et à améliorer l’infrastructure régionale.
Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)
|
2004
|
2009
|
2010
|
2011
|
2012
|
2013
|
2014
|
|
| Balance commerciale |
-8.5
|
-14.5
|
-14
|
-20.1
|
-20.3
|
-20.2
|
-20.4
|
| Exportations de biens (f.o.b.) |
4.7
|
4.5
|
5.3
|
8.5
|
7.4
|
6.9
|
6.7
|
| Importations de biens (f.o.b.) |
13.1
|
19
|
19.3
|
28.6
|
27.7
|
27.1
|
27.1
|
| Services |
-3
|
-3.5
|
-4.4
|
-3.5
|
-4.2
|
-3.8
|
-3.1
|
| Revenu des facteurs |
-1.6
|
-0.7
|
-0.8
|
-1
|
-1.2
|
-1.3
|
-1.4
|
| Transferts courants |
15
|
11.4
|
13.3
|
16.1
|
15.2
|
15
|
14.9
|
| Solde des comptes courants |
1.8
|
-7.3
|
-5.9
|
-8.5
|
-10.5
|
-10.2
|
-9.9
|
2012 : estimations ; 2013 et années suivantes : prévisions.
Politique de la dette
La stratégie globale de gestion de la dette publique définie par le Rwanda vise à s’assurer que les besoins de financement et de remboursement des obligations sont satisfaits au moindre coût tout en encourageant la prudence dans la gestion des risques et en veillant à la viabilité de la dette. Une nouvelle stratégie de la dette à moyen terme, en attente de validation par le Conseil des ministres début 2013, guidera l’émission d’obligations souveraines. Elle définira aussi un niveau d’emprunt intérieur par l’État qui soit cohérent avec le développement des marchés financiers rwandais. En vue d’encourager le crédit au secteur privé, l’État a réduit son emprunt intérieur de 1.8 % du PIB en 2010/11 à -0.9 % en 2011/12, signe que des emprunts ont été remboursés. Toutefois, pour compenser la suspension de l’aide, il devrait remonter à 0.3 % du PlB en 2012/13. Une analyse conjointe du FMI et de la Banque mondiale a confirmé, en juin 2012, que le Rwanda continuait d’afficher un risque modéré de surendettement. La dette publique du Rwanda, intérieure et extérieure cumulées, se montait à 1.5 milliard USD à la fin de 2011, soit 25.3 % du PIB et une légère hausse par rapport au 1.28 milliard (ou 23.4 % du PIB) enregistré un an auparavant. Cette augmentation de la dette totale s’explique essentiellement par des prêts non concessionnels contractés pour financer des investissements stratégiques de l’État, en particulier le Kigali Convention Centre et RwandAir, la compagnie aérienne nationale. L’emprunt supporté pour financer ces investissements a également accru la dette publique garantie par l’État, qui est passée de 2 % de la dette publique totale en 2010 à 8 % en 2011. La dette extérieure représentait 71 % de la dette publique totale en 2011, dont plus 70 % dus à des créanciers multilatéraux.
La charge d’intérêts sur le total de la dette est restée inchangée, à 0.4 % du PIB en 2010/11 et 2011/12, mais devrait augmenter légèrement, à 0.6 %, entre 2012/13 et 2014/15. Cette évolution s’explique par le remboursement d’un prêt à court terme contracté pour financer le Kigali Convention Centre.
Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations 2013
Dette/PIB Service de la dette/Exportations.
Gouvernance économique et politique
Secteur privé
Le secteur privé emploie plus de 90 % de la population active du Rwanda. Les petites et moyennes entreprises (PME) représentent 98 % des 123 000 entreprises qui, selon les estimations, opèrent dans le pays, et procurent 84 % de l’emploi dans le secteur privé. Toutefois, seulement 14 000 entreprises sont enregistrées auprès de l’administration fiscale du Rwanda, 40 % d’entre elles étant enregistrées pour la TVA et seulement 11 % pour l’impôt sur les sociétés. Les principaux obstacles au développement du secteur privé sont le coût élevé de l’énergie et du transport, ainsi que les piètres capacités de gestion et de planification de l’activité, surtout dans les PME. Le Rwanda a adopté une stratégie de développement du secteur privé dans le but de faciliter l’investissement, la création d’emplois et la croissance dans le secteur privé.
Le Rwanda continue de rationaliser la réglementation des entreprises. Malgré le recul enregistré dans le classement établi par le rapport Doing Business de la Banque mondiale (le pays est passé du 48e rang sur 183 pays en 2012 au 52e rang sur 185 pays en 2013), le Rwanda reste parmi les quatre meilleurs élèves d’Afrique subsaharienne pour les réformes engagées. Des progrès remarquables ont été enregistrés au niveau de la création d’une entreprise, pour laquelle les coûts sont passés de 8 % du revenu par habitant en 2011 à 4.3 % en 2012. En outre, seulement deux procédures sont nécessaires pour obtenir un certificat d’enregistrement de l’entreprise. Le Rwanda a également pris des mesures pour améliorer le règlement des faillites, un domaine où il affichait un retard. Le Bureau pour le développement du Rwanda (Rwanda Development Board) s’est doté d’un conseiller qui doit aider les chefs d’entreprise en cas de problème d’insolvabilité.
Le classement global du Rwanda dans le Rapport mondial sur la compétitivité 2012/13 du Forum économique mondial a progressé de sept places, pour atteindre le 63e rang sur 144 pays, ce qui en fait le 3e pays d’Afrique subsaharienne. Le pays a continué de bénéficier d’institutions solides et qui fonctionnent bien, d’un bon environnement sur le plan de la sécurité, ainsi que de marchés du travail efficients. Toutefois, le classement dans les domaines tels que la flexibilité dans la détermination des salaires, les pratiques d’embauche et de licenciement, la rémunération ainsi que la productivité s’est dégradée. Secteur financier
Le système financier du Rwanda s’est étendu et est devenu plus sain. Il compte 14 banques, 497 institutions de microfinance et coopératives d’épargne et de crédit, ou Sacco, ainsi que 49 établissements financiers non bancaires. L’expansion des banques du pays et l’entrée de nouvelles banques étrangères ont accentué la concurrence dans le secteur bancaire. Il s’est ensuivi l’ouverture de nouvelles agences et une stimulation de l’innovation, avec, par exemple, la banque mobile et l’agency banking, où les agences bancaires sont remplacées par des intermédiaires exerçant déjà une activité commerciale. Au total, 299 nouvelles agences et commerces fournissant des services bancaires ont obtenu une autorisation en 2011/12, soit 47 % des 683 agences du pays. Toutefois, cette activité reste fortement concentrée, les trois plus grandes banques cumulant, selon les estimations, 60 % des dépôts, prêts et actifs de tout le secteur.
Les indicateurs de la profondeur financière se sont améliorés. Outre les progrès enregistrés dans le crédit au secteur privé, les actifs bancaires sont passés de 23 % du PIB en 2010 à 30 % en 2011. Le ratio actifs liquides sur total des dépôts a baissé, passant de 40.3 % en décembre 2011 à 36.5 % en décembre 2012, mais il reste bien supérieur aux 20 % obligatoires. À moyen terme, la réduction des transferts publics devrait amoindrir encore la liquidité du secteur bancaire.
La Bourse rwandaise n’est pas encore une source de financement majeure pour le secteur privé. Seules quatre entreprises y sont actuellement cotées : le brasseur Bralirwa, Bank of Kigali, Kenya Commercial Bank et Nation Media Group (ces deux dernières étant des entreprises kenyanes intercotées). Un indice mesurant les performances boursières a été créé en novembre 2012.
L’amélioration des capacités de supervision de la Banque centrale et la création, en mai 2012, d’un comité permanent de stabilité financière ont contribué à consolider le secteur financier. Ainsi, les prêts improductifs ont reculé de 8 à 6 % entre décembre 2011 et juin 2012, tombant ainsi en dessous du seuil réglementaire de 7 %. Sur la même période, le ratio de fonds propres de première catégorie sur les actifs pondérés du risque, qui mesure l’adéquation des fonds propres, est monté de 23.8 à 25.4 %, bien au-dessus du seuil réglementaire de 15 %. Les indicateurs de rentabilité se sont améliorés, le rendement des capitaux propres moyens passant de 13.7 % en décembre 2011 à 14.3 % en octobre 2012.
D’après la dernière enquête FinScope, 72 % de la population adulte avait accès à des produits financiers formels ou informels en 2012, contre 52 % en 2008. La population utilisant les services bancaires a elle aussi augmenté, passant de 14 % en 2008 à 23 % en 2012, tandis que le recours à des services d’assurance est passé de 3 à 7 % sur la même période.
Gestion du secteur public, institutions et réformes
Le Rwanda a réalisé des avancées significatives dans l’instauration d’un secteur public efficient. La qualité de l’administration publique s’est améliorée depuis 2000 grâce aux réformes du secteur public. Ainsi, une Politique publique pour la rémunération et la rétention (Pay and Retention Policy) a été introduite en juillet 2012 pour remédier au fort taux de rotation dans la fonction publique. En outre, l’État a pleinement déployé son Système intégré de paie et d’information sur le personnel (Integrated Personnel and Payroll Information System – IPPS), introduit en 2009 dans le but de mieux maîtriser la masse salariale. Couvrant désormais tous les fonctionnaires de l’administration centrale et des districts, l’IPPS est désormais intégré à d’autres systèmes d’information pour la gestion du secteur public.
L’administration publique s’appuie en outre sur un solide organisme anticorruption et une législation robuste de lutte contre la corruption. L’indice de perception de la corruption, établi par Transparency International, classait le Rwanda au 50e rang sur 176 pays examinés en 2012, soit la 4e position pour l’Afrique subsaharienne. Seulement 0.4 % des personnes interrogées par le Forum économique mondial pour l’édition 2012/13 du Rapport mondial sur la compétitivité ont indiqué que la corruption constituait un obstacle crucial à la pratique des affaires au Rwanda, aussi bien en 2011 qu’en 2012.
La création d’un Forum pour une action conjointe pour le développement (Joint Action Development Forum – JADF) a renforcé la participation des citoyens. Le JADF fait participer la population aux processus de planification et de budgétisation, ainsi qu’au suivi des services fournis au niveau des districts et des secteurs. Selon la revue sectorielle conjointe (Joint Sector Review), en 2011/12, 87 % des citoyens avaient le sentiment de contribuer activement aux décisions du gouvernement local et d’être entendus, contre 76 % en 2010/11. En outre, le système juridique et les structures de gouvernance du Rwanda pour la protection et l’application des droits de propriété n’ont cessé de s’améliorer. Néanmoins, l’édition 2012 de Doing Business indique qu’il faut renforcer la protection des investisseurs et améliorer l’exécution des contrats. Concernant l’« efficience du cadre juridique pour le règlement des différends », d’après le Rapport mondial sur la compétitivité, le pays est passé de la 25e place sur 142 pays en 2011/12 à la 15e place sur 144 pays en 2012/13. Qui plus est, l’évaluation par les investisseurs du cadre juridique du pays, dont rend compte l’Indice de perception des investisseurs (Investor Perception Index), établi par l’Observatoire industriel du Rwanda (Rwanda Industrial Observatory), a progressé, passant de 76.6 % en 2010/11 à 78.3 % en 2011/12. Gestion des ressources naturelles et environnement
Le Rwanda fait partie des pays les plus densément peuplés d’Afrique subsaharienne, si bien que les ressources naturelles et l’environnement sont mis à rude épreuve. Plusieurs cadres de gestion des ressources naturelles, de l’environnement et du changement climatique sont déjà en place. La Stratégie pour la croissance verte et la résilience face au changement climatique (Green Growth and Climate Resilience Strategy – GGCRS) 2012-17 encourage le développement d’infrastructures à faible intensité en carbone, et surtout l’utilisation de sources d’énergies renouvelables, et cherche à renforcer les capacités institutionnelles afin d’assurer une utilisation durable des ressources naturelles. La stratégie vient également compléter les efforts actuels de reforestation et les programmes visant à réduire la dépendance vis-à-vis du bois comme combustible. Un système d’information pour la gestion foncière a été mis au point. De surcroît, tous les districts reçoivent une assistance en vue de renforcer leurs capacités en matière de gestion foncière, de droit foncier et d’arpentage.
La gestion par l’État des ressources naturelles, de l’environnement et du changement climatique donne des résultats positifs. Les zones protégées afin de préserver la biodiversité ont été étendues, de 9.2 % du territoire sur l’exercice 2009/10 à 10.13 % sur 2011/12. La superficie des forêts nationales s’est également agrandie, passant de 21.4 à 24.5 % du territoire sur la même période. Plus de 16 % des écosystèmes dégradés à un point critique, notamment des zones humides (56 118 hectares), des rivages lacustres (2 454 hectares), des berges (1 432 hectares) et des bassins versants (1 266 hectares), ont été cartographiés et remis en état, et sont désormais pleinement protégés par la loi. Un plan directeur visant à assurer une gestion durable de l’eau est en cours d’élaboration. Le réseau mis en place afin de surveiller et d’améliorer la gestion des eaux a été renforcé grâce à la remise en état de 13 stations de jaugeage, qui viennent compléter les 41 stations déjà en fonctionnement. Contexte politique
Le troisième programme phare de l’EDPRS (Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté), à savoir la gouvernance3, veut encourager les citoyens à participer au développement politique, social et économique de leur pays. Les efforts d’amélioration des institutions, l’adoption d’une législation ad hoc et les révisions apportées aux cadres administratifs et réglementaires concourent à cet objectif. La décentralisation constitue un instrument majeur pour la réconciliation nationale et la participation des populations locales. En outre, la Constitution du Rwanda, de 2003, consacre le partage du pouvoir, en imposant que le président, le Premier ministre et le président du Sénat appartiennent à des partis politiques différents. S’ils sont adoptés, les projets de loi sur les médias, actuellement débattus au Sénat, pourraient améliorer la réglementation des médias, faire progresser la transparence et encourager la participation des citoyens à la vie politique et économique du pays.
Grâce aux avancées qu’il a réalisées pour faire régner la paix et favoriser la réconciliation, le Rwanda a été élu au Conseil de sécurité des Nations Unies en octobre 2012 pour y représenter l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe en 2013/14. Le Rwanda s’est engagé à œuvrer, avec d’autres membres de cet organisme, à la promotion des vues et aspirations du monde en développement, et notamment de l’Afrique, et à empêcher les crimes contre l’humanité.
Le pays s’est également engagé à combattre le soulèvement en République démocratique du Congo (RDC). Pourtant, un rapport établi par un groupe d’experts des Nations Unies impliquait le Rwanda dans le soutien à un groupe rebelle, ce qui a déclenché la suspension de l’appui budgétaire que fournissaient des partenaires au développement majeurs. Les autorités ont vivement réfuté ces accusations.
Contexte social et développement humain
Développement des ressources humaines
Éducation : Le programme d’éducation élémentaire gratuite sur neuf ans a contribué à la hausse du taux de scolarisation dans le primaire et le secondaire. Le taux de scolarisation net dans le primaire est ainsi passé de 86.6 % en 2005/06 à 91.7 % en 2010/11, et le Rwanda est en bonne voie pour atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement relatif à l’universalité de l’éducation primaire. Toutefois, cette hausse du taux de scolarisation a abouti à une dégradation du ratio nombre d’élèves en primaire/enseignant qualifié, qui est tombé à 62 pour 1 en 2011/12, après avoir progressé de 63 pour 1 à 58 pour 1 entre 2009/10 et 2010/11. Grâce à la Stratégie pour une éducation de base en 12 ans (12-year basic education strategy – 12YBE), introduite en 2012, 48 055 élèves de plus fréquentent un établissement secondaire. On compte désormais 534 492 élèves dans le secondaire, dont 52 % de filles. En outre, le taux d’alphabétisation pour les 15-24 ans, valeur indicative de l’efficience et de la qualité du système éducatif, s’est amélioré, passant de 76.8 % en 2005/06 à 83.7 % en 2010/11.
L’enseignement professionnel bénéficie d’une augmentation du nombre de centres de formation, passé de 98 en 2011 à 116 en 2012. En conséquence, le taux d’inscriptions a progressé de 15 %, à 13 303 étudiants. Santé : La part des dépenses publiques consacrées à la santé (dons y compris) est passée de 10.2 % en 2009/10 à 16 % en 2010/11 et 2011/12. La mise en œuvre du Dispositif d’assurance santé à base communautaire (Community-Based Health Insurance), introduit en 1999, a amélioré l’accès aux services de santé. Le dispositif couvrait 91 % de la population en 2011/12 (soit 1 point au-dessus de la cible), ce qui représente un progrès substantiel par rapport aux 35 % enregistrés en 2006.
Plus efficient et doté de davantage de moyens, le secteur de la santé a enregistré de meilleurs résultats. La cible des OMD concernant la mortalité infantile a été atteinte, et la mortalité des enfants de moins de cinq ans a reculé de 103 pour 1 000 naissances vivantes en 2008 à 54.1 en 2011. Si cette tendance se poursuit, le Rwanda atteindra la cible de l’OMD relatif à la mortalité post-infantile en 2014.
La mortalité maternelle a également nettement régressé, passant de 750 pour 100 000 naissances vivantes en 2005 à 540 en 2010, sachant que la cible des OMD en la matière est de 325 en 2015. Cette progression s’explique en partie par le fait qu’en 2011/12, les deux tiers des accouchements se sont déroulés dans un établissement de santé compétent, contre 45 % en 2005. La proportion de femmes enceintes bénéficiant d’au moins quatre consultations prénatales a elle aussi progressé, de 13 à 35 % sur la même période. Prévention et traitement du VIH/sida, de la tuberculose et du paludisme :Le Rwanda fait partie des 25 pays à revenu faible et intermédiaire qui ont réussi à faire reculer de plus de la moitié le taux de nouvelles infections au VIH entre 2002 et 2012, d’après l’Onusida (Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida). Le taux de prévalence actuel du VIH chez la population âgée de 15 à 49 ans est estimé à 3 %. Environ 98 % des femmes enceintes ont désormais accès au dépistage volontaire et à des conseils, ainsi qu’à des services de prévention de la transmission mère/enfant. De 87 % en juin 2011, la proportion de nourrissons infectés par le VIH bénéficiant d’un traitement antirétroviral (ARV) a progressé à 91 % en juillet 2012. La fourniture d’un traitement ARV à des couples sérodiscordants immédiatement après que le VIH/sida a été diagnostiqué, quelle que soit la numération en lymphocytes T-CD4 (les globules blancs qui aident à lutter contre l’infection, sachant que plus la numération est basse, plus le risque d’infection est grand) devrait encore réduire la prévalence du VIH. Le dépistage systématique et le traitement des patients séropositifs, conjugué à des initiatives ciblant la tuberculose pharmacorésistante, ont contribué à faire reculer la mortalité due à la tuberculose, de 6 % en 2007 à 3.5 % en 2010.
La lutte contre le paludisme a elle aussi enregistré des avancées considérables. La morbidité a chuté de 11 % en 2009/10 à 3.4 % en 2010/11. La distribution dans tout le pays de moustiquaires imprégnées d’insecticide et l’amélioration de l’accès à des traitements antipaludiques expliquent en grande partie ces progrès. Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail
Équité dans l’utilisation des ressources publiques : La pauvreté absolue et les inégalités de revenus ont nettement reculé entre 2005 et 2010. La proportion de la population qui vit sous le seuil de pauvreté national (118 000 RWF, soit 197 USD par adulte et par an) a baissé, passant de 56.7 % en 2005/06 à 44.9 % en 2010/11. Ces chiffres correspondent à plus de 200 000 ménages ou environ un million de personnes. Le niveau de pauvreté en 2010/11 était inférieur à la cible de 46 % que s’était fixée le Rwanda, mais reste encore supérieur à la cible à atteindre pour les OMD (23.8 %).
La majorité des Rwandais a bénéficié de cette réduction de la pauvreté. L’inégalité des revenus telle que mesurée par le coefficient de Gini s’est amenuisée, passant de 0.52 en 2005/06 à 0.49 en 2010/11. Pourtant, les taux de pauvreté restent plus de deux fois plus élevés dans les zones rurales (61.9 % en 2005/06 et 48.7 % en 2010/11) que dans les villes (28.8 % en 2005/06 et 22.1 % en 2010/11), ce qui semble indiquer que les opportunités économiques demeurent largement concentrées dans les zones urbaines.
Les pouvoirs publics gardent pour objectif d’accélérer la réduction de la pauvreté. Plus de 70 % du budget de l’exercice 2012/13 est affecté au développement de l’infrastructure, à l’amélioration des capacités productives et au développement humain. En particulier, au titre des interventions destinées à améliorer les capacités productives, le Rwanda entend donner la priorité à l’agriculture et au développement rural, aux coopératives et aux PME. L’État élabore actuellement la deuxième génération de l’EDPRS (EDPRS-II) ; celle-ci devrait être axée sur la transformation économique, le développement rural, la productivité, ainsi que l’emploi des jeunes et la gouvernance.
Protection sociale et travail : Le deuxième programme phare de l’EDPRS, Vision 2020 UMURENGE Program (VUP), constitue le cadre des interventions publiques visant une croissance économique plus équitable et la création d’opportunités pour les Rwandais les plus pauvres et les plus vulnérables. Le VUP se focalise sur les programmes de travaux publics, des facilités de crédit pour les coopératives et les PME, mais aussi des services sociaux et une assistance aux familles sans terre incapables de participer aux programmes de travaux publics. Plus de 500 000 personnes ont pu profiter du plan de crédit VUP, les femmes représentant 41 % des bénéficiaires. Outre son aspect de protection sociale, le plan de crédit soutient les bénéfices et le chiffre d’affaires, l’augmentation de la productivité et le développement des entreprises. Le programme VUP a joué un rôle clé dans le recul de l’extrême pauvreté (83 000 RWF, soit 138 USD par an), tombée de 35.8 % en 2005/06 à 24.1 % en 2010/11. La cible de l’OMD sur l’élimination de l’extrême pauvreté sera atteinte en 2013/14 si cette tendance se poursuit.
Le marché du travail du Rwanda est largement jugé efficient. Seulement 2.4 % des personnes interrogées pour le Rapport mondial sur la compétitivité 2012/13 ont cité la réglementation du travail comme obstacle principal à la pratique des affaires, à la fois en 2011 et 2012. Le droit du travail rwandais comporte diverses dispositions imposant des normes élémentaires du travail et protégeant les droits fondamentaux des salariés et des employeurs. Il offre également une certaine souplesse pour l’embauche et le licenciement des travailleurs. Des données sont collectées afin d’actualiser le salaire minimum (à peine 100 RWF par jour). Pourtant, selon le classement de l’indice mondial sur la compétitivité pour l’efficience du marché du travail, le Rwanda est tombé du 8e rang sur 140 pays en 2011 au 11e rang sur 144 pays en 2012, laissant à penser qu’il reste de la marge pour de nouvelles améliorations. Égalité hommes-femmes
Le Rwanda a réussi à promouvoir un accès égal à l’éducation pour les hommes et les femmes. La cible des OMD relative à la parité entre garçons et filles pour les taux de scolarisation dans le primaire et le secondaire est d’ores et déjà atteinte. Toutefois, si l’accès des femmes à l’enseignement supérieur s’est amélioré, elles ne représentent que 40 et 44 % des étudiants respectivement dans l’enseignement professionnel et supérieur. L’État a intégré l’égalité des sexes dans la politique publique et la planification stratégique à tous les échelons de gouvernement ; les projets visant à faire encore progresser l’égalité hommes/femmes font partie de l’EDPRS-II en cours d’élaboration. Toutefois, des inégalités dans la participation à l’économie demeurent. Ainsi, en 2010/11, 38.7 % des hommes qui travaillaient avaient un emploi rémunéré non agricole, contre 18.1 % des femmes qui travaillaient. Ces chiffres sont loin de la cible de 50 % fixée pour les OMD, et marquent un creusement des disparités hommes/femmes dans les emplois non agricoles depuis 2005/06. Plusieurs programmes ont été mis en place en vue de réduire ces inégalités. Ainsi, le mouvement coopératif et la Chambre des femmes entrepreneurs (Chamber of Women Entrepreneurs) au sein de la Fédération du secteur privé (Private Sector Federation) proposent des formations et un renforcement des capacités d’entrepreneuriat pour les femmes. Les Saccos Umurenge permettent aussi d’améliorer l’inclusion des femmes et des jeunes dans l’économie.
Le Rwanda est devenu le premier pays au monde à compter une majorité de femmes au Parlement. La Constitution du Rwanda impose une représentation féminine minimale de 30 % dans la politique et la gestion du secteur public. Cette disposition et l’engagement du pays en faveur de l’égalité des sexes ont abouti à une hausse du nombre de sièges parlementaires occupés par des femmes, qui est passé de 17 % en 1994 à 56 % en 2010. Toutefois, il reste encore beaucoup à améliorer dans les attitudes de la société vis-à-vis des femmes : 41 % des femmes ont indiqué avoir subi au moins une fois des violences domestiques en 2010.
Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles
Malgré les efforts soutenus de l’État pour diversifier l’économie, le Rwanda reste fortement dépendant de ses ressources naturelles et matières premières, qui constituent 77 % des exportations. L’agriculture demeure la principale source d’emplois, puisqu’elle occupe 73 % de la population active, mais ne représente que 36 % de la production. Le café, le thé, le cuir, les peaux et le pyrèthre (un insecticide naturel) fournissent la majeure partie des exportations agricoles. Le Rwanda possède très peu d’industries agroalimentaires, hormis pour le thé et le maïs, et il existe des projets de transformation du riz. L’État s’efforce d’améliorer la production et la productivité agricoles grâce à un certain nombre de mesures, dont l’introduction de nouvelles cultures et une meilleure gestion des terres. Environ 7 % du budget de l’État est consacré à l’agriculture. Ce chiffre est nettement supérieur à ceux de l’Ouganda (4.5 %) et du Kenya (1.6 %) voisins, mais reste loin de la cible de 10 % fixée par l’Union africaine.
Le Rwanda n’est généralement pas considéré comme un pays riche en ressources naturelles. Jusqu’à présent, on n’a pas découvert de gisement majeur au Rwanda, contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres pays de la région (gisements de pétrole au Kenya et en Ouganda, ou de gaz naturel en Tanzanie, par exemple). Toutefois, les minéraux constituent une partie importante des exportations du Rwanda, bien que leur contribution soit variable4. La cassitérite, le coltan et le wolfram (minerai de tungstène) entraient pour 28.2 % dans le total des exportations en 2012. Le pays compte 450 sites miniers, employant environ 25 000 mineurs artisanaux. Malgré des hausses significatives des investissements en 2012, le Rwanda affirme que son potentiel minier reste largement inexploité.
Le Rwanda a clairement accordé la priorité à la transformation structurelle de son économie, et a défini des projets à cette fin (Vision 2020), ce qui lui a valu de nombreux éloges. L’un des principaux objectifs de la stratégie économique du pays est de faire du Rwanda un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure d’ici 2020. Pour pouvoir y parvenir, l’économie rwandaise doit afficher une croissance d’au moins 11.5 % par an sur 2013-18.
Les efforts déployés par le Rwanda pour moderniser son économie ont en partie porté leurs fruits. Tant l’industrie que les services ont affiché une croissance supérieure à l’agriculture sur 2000-11. À lui seul, le secteur des services est entré à hauteur de 52 % dans la croissance totale sur cette période. Le tourisme, qui est aussi devenu une source significative de recettes d’exportation, est largement à l’origine de cette performance, le segment de l’hôtellerie et de la restauration affichant une croissance annuelle moyenne de 16.9 % sur cette période. Toutefois, les services financiers et les technologies de l’information et des communications (TIC), deux domaines prioritaires pour l’État, en sont toujours à un stade rudimentaire. Seulement 3 % des Rwandais de plus de six ans possèdent des connaissances en informatique. La construction est le moteur du secteur industriel, avec une croissance annuelle de 12.4 % en moyenne, tandis que les résultats du secteur manufacturier étaient plus mitigés, à 8.1 %. Bien que la part de l’agriculture dans le PIB ait reculé, ce secteur est resté la deuxième source de croissance économique derrière les services, entrant à hauteur de 26 % dans la croissance totale sur la période 2000-11.
Toutefois, la transformation de l’économie rwandaise en est encore à un stade peu avancé et se heurte à de grandes difficultés. Premièrement, la productivité agricole reste trop faible pour soutenir le développement de l’emploi dans d’autres secteurs, faire baisser les prix des denrées alimentaires et assurer la rentabilité de l’agriculture. Le gouvernement a fixé pour objectif que le secteur non agricole fournisse environ 60 % de l’emploi total d’ici 2017. Cela nécessite la création de 200 000 emplois non agricoles par an, surtout dans le secteur manufacturier, l’hôtellerie-restauration, la construction et les mines, ainsi que le transport et les communications. Un deuxième défi a trait à la durabilité environnementale. Le Rwanda étant le pays le plus densément peuplé d’Afrique de l’Est, avec 416 habitants au kilomètre carré en 2012, une charge significative pèse sur les ressources, et un tiers des ménages ruraux déclarent ressentir les répercussions négatives de problèmes environnementaux, essentiellement de l’érosion et la faible fertilité des sols. La dégradation de l’environnement et le changement climatique aboutissent à des pertes en sol dont on estime qu’elles coûtent au Rwanda la capacité de nourrir 40 000 personnes par an. Le gouvernement reconnaît qu’une accélération de la croissance économique accentuera encore les pressions sur les ressources naturelles. Enfin, des contraintes financières entravent également les efforts du Rwanda pour diversifier son économie. Ce pays fait face à un important déficit de son compte courant, et s’il n’augmente pas ses exportations, il aura du mal à réduire sa dépendance vis-à-vis de l’aide étrangère. À défaut d’un apaisement des tensions actuelles avec les donneurs et d’un redressement de l’économie mondiale, les ambitieux projets du Rwanda pour diversifier son économie pourraient être retardés.
